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Comment s’approvisionner en eau pendant une course de voile

Pendant les courses de voile, aucune escale n’est permise. Les skippers doivent donc être autonomes et se débrouiller pour disposer de la nourriture et de l’eau nécessaire pendant tout le temps de la course. Il n’est pas possible de boire l’eau de la mer directement, elle n’est pas potable. Comment font alors les skippers pour avoir toute l’eau dont il ont besoin ?

De combien d’eau a t’on besoin pour faire le Vendée Globe ?

Lorsqu’il a préparé son Vendée Globe avec la perspective de faire le tour du monde en 80 jours Tanguy de Lamotte a estimé qu’il aurait besoin en moyenne de 3,5 litres par jour pour boire et cuisiner. Sur un bateau, avec l’activité physique, le vent et le soleil, la déshydration peut arriver rapidement et il faut boire beaucoup.

Pour la durée prévue de son Vendée Globe cela correspond donc (en comptant une marge de sécurité) à 315 litres d’eau.

Pourtant Tanguy n’avait emporté que 18 litres. Pourquoi ? Comment comptait-il faire ?

Impossible d’emporter toute l’eau nécessaire !

 

approvisionnement-eau2Sur un bateau de course il est fondamental d’économiser du poids pour être rapide. Il n’est donc pas envisageable d’emporter 315 bouteilles d’eau ce qui représente 315 kilos.

Le règlement de la course impose aux skippers de prendre un bidon de quelques litres en guise de réserve de secours. Pour le reste, chaque skipper est libre de prendre ses dispositions. La solution c’est de produire de l’eau douce à partir de l’eau de mer.

Comment produire de l’eau potable à partir de l’eau de mer ?

En dehors du fait qu’elle est désagréable à boire, l’eau de mer n’est pas potable. C’est surtout dû à sa très forte concentration en sel (1000 fois plus que l’eau douce) qui la rend impropre à la consommation. En boire en quantité aurait paradoxalement pour effet de provoquer une forte déshydratation du corps et d’entrainer la mort plus rapidement que si on ne buvait pas du tout (l’élimination du sel demanderait en effet plus d’eau à l’organisme que ce qui a été bu).

Il est cependant possible de traiter l’eau de mer pour en retirer l’essentiel du sel et la rendre potable. Cela est rendu possible grâce à un dessalinisateur. Les skippers emportent avec eux un petit dessalinisateur capable de subvenir à leur besoin, plus un de rechange pour le cas où le premier tombe en panne.

Le dessalinisateur utilise un principe chimique dit « d’osmose inverse » pour filtrer le sel de l’eau de mer. L’animation interactive ci-dessous explique son fonctionnement.

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Le dessalinisateur du bateau Initiatives-Cœur est capable de fournir 5 litres d’eau potable en 1 heure. C’est suffisant pour la consommation journalière d’un skipper. Cela pourrait même paraitre très confortable mais il faut tenir compte du fait que pour fonctionner le dessalinisateur consomme beaucoup d’électricité. Or, à bord d’un bateau de course, l’énergie est aussi quelque chose de précieux car le bateau doit produire sa propre électricité.

Le déssalinisateur installé sur le bateau Initiatives-coeur.
Le dessalinisateur installé sur le bateau Initiatives-coeur.

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